Taekwondo : histoire, règles et secrets de cet art martial

Deux pratiquants de taekwondo en plein combat sous la supervision d'un instructeur en extérieur

L’essentiel Ă  retenir :

Le taekwondo regroupe plus de 130 millions de pratiquants à travers le monde, rassemblés notamment sous les fédérations ITF et World Taekwondo. Ses règles réglementées favorisent la sécurité par des protections électroniques et un système de pointage détaillé, avec des combats se déroulant sur une aire d’environ 52 m². La discipline se compose d’une pratique sportive dynamique et d’une tradition martiale très codifiée.

Le taekwondo ne se limite pas à un simple sport de combat mais incarne également une discipline d’apprentissage profond où la maîtrise technique et la philosophie occupent une place centrale. Son évolution a entraîné la création de différentes pratiques, chacune avec ses propres règles et équipements, influençant la stratégie et l’arbitrage. La diversité des formes, du poumsé aux compétitions internationales, offre une expérience complète, valorisant autant l’endurance que le contrôle. À travers cette évolution, comprendre l’univers du taekwondo donne accès à une pratique équilibrée entre rigueur et esprit martiale.

Origines et unification du taekwondo

Le taekwondo est un art martial corĂ©en d’origine sud-corĂ©enne, qui tire son nom des mots « tae » (frapper du pied), « kwon » (frapper du poing) et « do » (voie ou mĂ©thode). Cette discipline est issue d’une unification progressive des styles martiaux pratiquĂ©s en CorĂ©e après la pĂ©riode de l’occupation japonaise, notamment dans les annĂ©es 1950. Ă€ cette Ă©poque, plusieurs Ă©coles d’arts martiaux corĂ©ennes appelĂ©es kwans enseignaient un style basĂ© notamment sur le karatĂ© japonais, en particulier le Shotokan, adaptĂ© aux traditions locales.

Une volontĂ© politique forte, sous la prĂ©sidence de Syngman Rhee, a conduit Ă  la crĂ©ation d’un art martial national destinĂ© Ă  renforcer l’identitĂ© corĂ©enne. Ce mouvement a Ă©tĂ© menĂ© par le gĂ©nĂ©ral Choi Hong-hi, qui proposa en 1955 le nom de taekwondo et encouragea la fusion des diffĂ©rentes Ă©coles sous une mĂŞme bannière.

La première promotion internationale du taekwondo eut lieu dès 1959 avec des dĂ©monstrations en Asie qui firent dĂ©couvrir cet art martial. MalgrĂ© cette unification initiale, certains maĂ®tres continuèrent Ă  enseigner leurs propres styles sous d’autres noms. En 1961, une tentative de rĂ©conciliation donna naissance au terme « taesoodo », mais très vite, le terme taekwondo s’imposa dĂ©finitivement suite Ă  un vote controversĂ© au sein de la Korea Taekwondo Association.

Conflits ITF et WTF et émergence des fédérations

Naissance de l’ITF et la scission

Les tensions entre les diffĂ©rents maĂ®tres de taekwondo aboutirent en 1966 Ă  la scission de la Korea Taekwondo Association. Le gĂ©nĂ©ral Choi Hong-hi quitta la fĂ©dĂ©ration pour fonder sa propre organisation, l’International Taekwon-Do Federation (ITF), Ă  SĂ©oul. Cette fĂ©dĂ©ration revendique aujourd’hui environ 50 millions d’adhĂ©rents rĂ©partis dans 127 pays.

L’ITF a toujours Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme plus martiale et proche des origines traditionnelles du taekwondo, insistant sur des techniques complètes, incluant les coups de poing au visage.

Création de la WTF et évolution

En rĂ©ponse Ă  l’ITF, la World Taekwondo Federation (WTF), rebaptisĂ©e en 2017 World Taekwondo (WT), a Ă©tĂ© créée en 1973 par la Korea Taekwondo Association. Elle s’est rapidement imposĂ©e comme la fĂ©dĂ©ration officielle reconnue par les instances internationales, avec plus de 80 millions de licenciĂ©s dans plus de 200 pays.

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La WTF a modifié certaines règles, notamment en interdisant les coups de poing au visage et en introduisant un large usage de protections, faisant évoluer la pratique vers un sport de combat sécurisé et réglementé. Cette dualité entre ITF et WT a crée une rivalité marquée mais aussi une diversification des styles et des compétitions.

Règles, compétitions et systèmes de score du taekwondo

taekwon-do : Règles WT et arbitrage

En compétition WT, un combat se déroule sur une aire de 52 m², avec un octogone entouré d’une zone de sécurité. Il oppose deux athlètes vêtus de leurs doboks et équipements de protection obligatoires : casque, plastron électronique, protège-tibias et avant-bras, coquille, gants et protège-dents. Pour mieux comprendre le cadre de cette discipline, il peut être utile de consulter les règles de la boxe américaine.

Le combat est divisé en trois rounds d’1 à 2 minutes, selon le niveau. L’arbitre central gère le temps, les fautes et sanctionne les infractions. Les juges de coin valident les points. Les fautes fréquentes incluent le corps à corps, sortie de zone, coups sous la ceinture, ou coups sans intention de frappes.

Le vainqueur est celui qui a accumulé le plus de points après trois rounds ou qui obtient un écart de 20 points après le deuxième round.

taekwon-do : Systèmes de score et équipements

Les points sont attribués selon la zone de frappe et la technique utilisée :

  • 1 point pour un coup de poing au plastron.
  • 2 points pour un coup de pied direct au plastron.
  • 3 points pour un coup de pied direct Ă  la tĂŞte.
  • 4 points pour un coup de pied retournĂ© au plastron.
  • 5 points pour un coup de pied retournĂ© Ă  la tĂŞte.

Les combattants portent des protections munies de capteurs électroniques qui enregistrent et valident automatiquement les frappes, améliorant la précision et la transparence du jugement.

Les sanctions Gam-Jeom sont attribuées pour les fautes et donnent un point supplémentaire à l’adversaire. Chaque joueur est disqualifié après avoir cumulé 10 points de pénalité.

Le mot de l’auteur
« La maîtrise technique dans le taekwondo réside autant dans la précision des coups que dans le contrôle de soi, facteur clé pour performer en compétition. »

Formes, poumsé et philosophie

Les formes de taekwondo sont des enchaînements de techniques exécutés sans adversaire, appelées poumsé en WT et teul en ITF. Ces formes permettent de travailler la maîtrise du corps, l’équilibre, la mémoire motrice et la concentration.

La philosophie du taekwondo s’appuie sur les cinq principes fondamentaux : courtoisie, intĂ©gritĂ©, persĂ©vĂ©rance, maĂ®trise de soi et esprit indomptable. Ces valeurs sont intĂ©grĂ©es dans l’enseignement et le comportement des taekwondoĂŻstes, favorisant un dĂ©veloppement personnel en harmonie avec la pratique martiale.

Chaque poumsé a sa symbolique et son rythme, inspirée par les anciens principes coréens et souvent associée à des éléments naturels ou concepts spirituels.

Entraînement, grades et matériel (et para-taekwondo)

Para-taekwondo: compétitions et paralympiques

Le para-taekwondo est une discipline adaptée aux athlètes en situation de handicap physique ou mental, officiellement reconnue depuis 2020 aux Jeux Paralympiques de Tokyo. Les compétitions se déroulent en général sur 3 rounds de 2 minutes chacun, séparés par 1 minute de repos.

Les combats para-taekwondo se concentrent sur le kyorugui (combat) avec des règles adaptées : la zone de frappe est limitée au plastron équipé de capteurs électroniques, interdisant les attaques à la tête.

  • Le vainqueur doit mener avec 20 points d’écart,
  • ou ĂŞtre le premier Ă  atteindre 40 points,
  • ou avoir plus de points Ă  l’issue du temps rĂ©glementaire de 6 minutes.
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Cette discipline offre un bel exemple d’inclusion sportive tout en respectant les exigences du haut niveau technique.

Parcours d’apprentissage: Pomsae, Hoshinsul et Kyorugui

Le taekwondo s’apprend progressivement selon trois grandes Ă©tapes :

  • Pomsae : apprentissage des formes ou enchaĂ®nements techniques, essentiels pour la maĂ®trise des bases ainsi que la coordination des mouvements.
  • Hoshinsul : techniques de self-dĂ©fense permettant de contrer efficacement diverses attaques, incluant clefs, projections et contrĂ´les.
  • Kyorugui : entraĂ®nement au combat rĂ©glementĂ©, oĂą les taekwondoĂŻstes dĂ©veloppent leur tactique, endurance et prĂ©cision en situation de face-Ă -face.

Pour les jeunes pratiquants juniors, un système de grades avec des ceintures bicolores existe : dès 14 ans, le grade Il Poom correspond à une ceinture rouge et noire, marquant une étape importante avant les grades adultes.

Le matériel traditionnel comprend le dobok associé à la ceinture, ainsi que les protections en compétition pour garantir la sécurité des pratiquants. Pour un taekwondoïste, le travail sur la souplesse, notamment en réalisant le grand écart, est fondamental pour l’efficacité des coups de pied.

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Règles, compétitions et systèmes de score du taekwondo

taekwon-do : Règles WT et arbitrage

En compétition organisée par la Fédération mondiale de taekwondo, toutes les règles visent à rendre la pratique aussi sécurisée que possible. L’équipement homologué comprend le dobok avec plastron électronique munis de capteurs pour comptabiliser les points, casque, protège-tibias et protèges-avant-bras. L’arbitre, assisté de juges, veille au respect des règles, sanctionnant notamment les attaques interdites comme les coups en dessous de la ceinture ou les contacts prolongés.

Le combat est rythmĂ©, avec une importance portĂ©e Ă  la stratĂ©gie et au contrĂ´le. L’usage des coups de pied spectaculaires reste privilĂ©giĂ© mais les coups de poing sont Ă©galement autorisĂ©s sur le plastron uniquement.

taekwon-do : Systèmes de score et équipements

Les systèmes de score intègrent désormais la technologie pour la reconnaissance des frappes : les plastrons et casques électroniques enregistrent les impacts précis. Les points sont attribués selon la qualité de la frappe, sa zone de réception et la technique utilisée, favorisant la précision et la rapidité.

Le système de sanctions utilise les Gam-Jeom pour pénaliser les fautes. Ceux-ci donnent un point à l’adversaire et s’accompagnent parfois de mises en garde ou de disqualifications en cas d’accumulation.

Formes, poumsé et philosophie

Les poumsĂ© sont des suites structurĂ©es de mouvements qui permettent d’apprendre et de perfectionner les techniques du taekwondo. Ils sont au cĹ“ur du travail technique et mental, demandant une grande concentration et un Ă©quilibre parfait.

La philosophie repose sur des valeurs fortes comme la discipline, la maîtrise de soi et le respect de l’adversaire. Cela donne à la pratique un sens au-delà du sport, en développant le caractère et l’esprit des pratiquants.

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Entraînement, grades et matériel (et para-taekwondo)

Para-taekwondo: compétitions et paralympiques

Le para-taekwondo propose une compétition adaptée aux sportifs en situation de handicap. Les combats sont organisés en trois rounds de deux minutes, avec une minute de repos entre chaque. Ce système, basé sur le combat électronique, est pensé pour valoriser la technique, la rapidité et la précision.

Les catĂ©gories vont du K41 au K44, seules les catĂ©gories K43 et K44 Ă©tant paralympiques, avec des règles axĂ©es sur le plastron comme zone d’impact.

Parcours d’apprentissage: Pomsae, Hoshinsul et Kyorugui

L’apprentissage du taekwondo se fait par trois étapes complémentaires :

  • Pomsae : apprentissage des formes et des techniques individuelles, pour dĂ©velopper prĂ©cision et mĂ©moire motrice.
  • Hoshinsul : l’art de la self-dĂ©fense avec des techniques spĂ©cifiques comme clefs et balayages.
  • Kyorugui : le combat d’assaut, qui permet au taekwondoĂŻste de mettre en pratique ses capacitĂ©s physiques et stratĂ©giques.

Pour les juniors, un système particulier de grades existe : la ceinture Il Poom, bicolore rouge et noire, est attribuée à partir de 14 ans et permet une transition vers la ceinture noire adulte.

Les protections et l’équipement sont adaptés selon le niveau, du dobok de base aux protections électroniques utilisées en compétition de haut niveau. La progression technique passe par une maîtrise rigoureuse des techniques de pied et de main, ainsi que de la souplesse.

FAQ — taekwondo

Quel est le but du taekwondo ?

Le but du taekwondo est de développer des compétences martiales efficaces en utilisant principalement des techniques de coups de pied et de poing, tout en cultivant des valeurs morales telles que la courtoisie, la maîtrise de soi et la persévérance, pour un équilibre entre corps et esprit. Si vous souhaitez approfondir ce que recouvrent ces pratiques, consultez les techniques efficaces de muay thaï.

Quelle est la différence entre le karaté et le taekwondo ?

La diffĂ©rence entre le karatĂ© et le taekwondo rĂ©side surtout dans l’origine et le style : le karatĂ© est japonais et privilĂ©gie les coups de poing, tandis que le taekwondo, originaire de CorĂ©e, met l’accent sur des techniques de coups de pied variĂ©s et spectaculaires.

Quels sont les 10 arts martiaux les plus puissants ?

Les 10 arts martiaux les plus puissants correspondent généralement à ceux qui combinent efficacité technique, discipline et impact international ; le taekwondo y figure souvent pour sa précision, rapidité et son adoption mondiale en compétition sportive.

Quelle est la différence entre le taekwondo et le karaté Shotokan ?

La différence entre le taekwondo et le karaté Shotokan est que le taekwondo incorpore plus de coups de pied et une philosophie coréenne, tandis que le Shotokan, style de karaté japonais, se concentre davantage sur la puissance de coups de poing et la stabilité des positions.

Quels sont les différents styles et fédérations du taekwondo ?

Les diffĂ©rents styles du taekwondo incluent principalement l’ITF, plus traditionnel et martiale, et le World Taekwondo (WT), axĂ© sur le sport et la compĂ©tition olympique. Ces fĂ©dĂ©rations ont des règles et pratiques distinctes, reflĂ©tant une diversitĂ© dans la discipline.

Quelles sont les valeurs et la philosophie enseignées dans le taekwondo ?

Les valeurs et la philosophie du taekwondo reposent sur cinq principes clés : courtoisie, intégrité, persévérance, maîtrise de soi et esprit indomptable, qui guident l’apprentissage technique tout en favorisant le développement moral et personnel des pratiquants.